Histoire de croissance

Une stratégie de transformation qui donne naissance au leader européen des logiciels pour la santé

  • 01 Juin 2020

  • Buyout

  • Florence, Italie

Temps de lecture : 4 minutes

Entretien avec Dedalus

Yann Chareton : L’ambition de Giorgio a toujours été de faire de Dedalus le numéro 1 des logiciels pour le secteur de la santé en Europe. Lors de notre investissement en 2017, la société venait juste de conclure une opération de transformation qui a fait d’elle un leader incontesté en Italie. Durant les trois années suivantes, nous avons consolidé cette acquisition, renforcé la structure du groupe, développé l’activité en France et investi dans une nouvelle gamme de produits innovants. En trois ans, le chiffre d’affaires de Dedalus est passé de 80 millions d’euros à près de 210 millions d’euros, et la possibilité d’acquérir l’activité logicielle de santé d’Agfa-Gevaert lui a permis de passer à la vitesse supérieure.

Giorgio Moretti : Avec Agfa-Gevaert, nous sommes désormais le leader en Italie, en Allemagne et en France, avec près de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et un effectif de 3 500 collaborateurs. Nous sommes, de loin, le leader du secteur des logiciels de santé en Europe et notre positionnement est unique – sur ce marché, nous sommes le seul acteur international non américain. Nous avons su créer un leader européen capable d’investir efficacement en R&D.

  • No. 1

    en Europe, position de leader en Allemagne, Italie et France

Yann Chareton : De notre point de vue, nous aurions pu céder la société en 2019, mais lorsque l’opportunité Agfa s’est présentée, nous avons réinvesti massivement et relancé un projet de croissance – une opération de buy-and-build, mais cette fois-ci à l’échelle européenne. Cette opération est très importante pour Dedalus – ainsi que pour le secteur européen du logiciel – mais également pour nous. En tant que leader en Europe continentale, nous avons pu tirer profit de notre plateforme. Nous avons beaucoup collaboré avec nos collègues allemands pour que cette opération se concrétise.

Giorgio Moretti : Notre société est des plus stratégiques pour l’Europe. Le secteur de la santé représente 11-12 % du PIB européen et créer un système de santé durable est un enjeu majeur étant donné le vieillissement de la population et l’accroissement considérable des frais de santé. Dedalus joue un rôle unique au sein du secteur de la santé car nos produits supportent l’organisation des activités cliniques et du service dans son ensemble. Selon moi, l’Europe est très en retard et n’a pas encore su reconnaître l’importance de l’informatique et de la digitalisation des informations dans l’optimisation de la qualité des soins cliniques et de la pérennité de l’intégralité du système.

  • 30

    pays

Yann Chareton : Notre ambition ultime est que Dedalus soit la société qui porte la digitalisation du système de santé en Europe continentale.

Giorgio Moretti : Si les pratiques des professionnels de santé ont connu une évolution sans précédent au cours des 50 dernières années, les avancées informatiques n’ont cependant pas radicalement changé la façon de travailler des médecins. De nombreux processus ont été automatisés, mais personne n’a su repenser le système dans son ensemble avec l’appui des outils informatiques dont nous disposons actuellement. Grâce à notre positionnement, à la nouvelle gamme de produits que nous avons développée et à notre vision du marché, je suis persuadé que nous pouvons y parvenir.

Yann Chareton : Sur le plus long terme, nous pressentons de grandes opportunités. Aujourd’hui, les données récoltées dans les hôpitaux et les systèmes de santé sont à peine utilisées pour les solutions cliniques. Elles sont toutes produites dans le cadre d’études cliniques, lesquelles reposent sur des échantillons très réduits. Les systèmes de santé n’ont pas été conçus pour produire des données utilisables dans le cadre de recherches cliniques. En termes d’innovation, le défi pour nous consiste à repenser la façon dont les systèmes d'information sont organisés, afin que ces données soient disponibles à des fins médicales. Et pas uniquement concernant la gestion de la santé des populations, mais également pour réfléchir à la façon de soigner les patients en utilisant mieux les données. À l’heure actuelle, cela reste très compliqué en raison du manque de sensibilisation au digital dans le secteur de la santé, du faible niveau de technologie, et parfois même du manque de financements. Si nous pouvions utiliser ne serait-ce qu’une modeste partie des données produites, les évolutions seraient multiples – le développement de médicaments, le suivi de l’efficacité, la mise sur le marché, etc.

  • 3 500

    Collaborateurs

Giorgio Moretti : Notre objectif est de saisir et de contextualiser tous types de données cliniques de manière standardisée, afin de pouvoir transformer les données en informations et connaissances cliniques pouvant être partagées et comprises par tous. S’il était possible de partager véritablement des informations cliniques de grande qualité, nous pourrions appliquer les meilleures pratiques, ce qui se traduirait par une qualité améliorée pour le patient, des risques cliniques réduits pour les professionnels, un système plus efficace et une meilleure maîtrise des coûts.

Yann Chareton : Nous avons toujours apprécié la vision de Giorgio concernant les perspectives de Dedalus sur le long terme et j’ai également été impressionné par la capacité de la société à se réinventer et à gérer sa propre transformation aussi rapidement. Je pense que c’est dans l’ADN d’Ardian de soutenir les entrepreneurs ambitieux dans ces projets de croissance.