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La biodiversité : le prochain grand défi du secteur des transports

  • 02 Mars 2022

  • Infrastructure, Sustainability

Temps de lecture : 14 minutes

Les entreprises du secteur des transports doivent parvenir à satisfaire trois priorités apparemment contradictoires : répondre à un très fort besoin en infrastructures essentielles pour soutenir la croissance socio-économique, progresser vers des opérations de faible émission de carbone et préserver les écosystèmes naturels menacés.

Les entreprises de transport et d’infrastructure sont concernées directement par le déclin de la biodiversité. Ils représentent un enjeu majeur du développement durable qui est alimenté par la pression que la construction et la gestion de leurs actifs créent sur l’environnement. En effet, John Tobin-de la Puente, professeur de pratique à l’université de Cornell et précédemment Directeur monde du développement durable au Crédit Suisse, affirme que « le déclin de la biodiversité sera, à l’instar du changement climatique, le prochain grand défi écologique ».

Le déclin de la biodiversité sera, à l’instar du changement climatique, le prochain grand défi écologique. Selon lui, le secteur privé jouera un rôle de plus en plus important dans la préservation de la biodiversité.

John Tobin-de la Puente, professeur de pratique à l’université de Cornell

La biodiversité recouvre la variété des êtres vivants sur notre planète qui est présente dans diverses zones géographiques et différents types d’écosystèmes. Elle décrit, dans son sens le plus large, la richesse de la vie sur Terre. Elle se manifeste à tous les niveaux, que ce soit à l’échelle du gène, de l’espèce ou de l’écosystème, et est souvent le mieux illustrée par la très grande diversité de plantes, d’animaux et de micro-organismes qui peuplent la Terre. Pourtant, la biodiversité connait aujourd’hui un déclin rapide.  

Comme l’a expliqué le professeur Tobin aux représentants présents lors de la troisième rencontre du Groupe de travail sur les Transports (TWG) créé par les équipes Infrastructure et Sustainability d’Ardian pour aider les sociétés en portefeuille à entamer leur transition vers une économie sobre en carbone, quasiment tous les maillons de la chaîne de valeur des entreprises d’infrastructure et de transport ont un impact direct sur la biodiversité.

« Les espèces végétales et animales s’éteignent à une allure sans précédent à cause des perturbations supplémentaires exercées sur les écosystèmes et liées au changement climatique, souligne Raphaëlle Muhlmann-Eytan, Director of Asset Management au sein d’Ardian Infrastructure.

La biodiversité se retrouve de plus en plus au centre des préoccupations de toutes les parties prenantes. En conséquence, les groupes industriels, les institutions et les autorités publiques sont contraints de revoir leurs stratégies et d’améliorer leurs pratiques de préservation des milieux naturels.

Raphaëlle Muhlmann-Eytan, Director of Asset Management au sein d'Ardian Infrastructure

Le TWG d’Ardian rassemble six entreprises de transport de son portefeuille infrastructure, dont trois opérateurs autoroutiers (Ascendi, ASTM et Vespucio Norte, respectivement implantés au Portugal, en Italie et au Chili), ainsi que SEA, gestionnaire des deux aéroports de Milan, et LISEA, société concessionnaire de la ligne à Grande Vitesse de 340 km reliant Tours et Bordeaux en France. Indigo, ancienne société du portefeuille et opérateur français de parcs de stationnement, est le sixième membre de ce groupe qui se réunit régulièrement pour partager des expériences et meilleures pratiques liées aux problématiques en matière de développement durable.

Ardian axe toute son attention sur les défis que rencontrent les entreprises de transport et d’infrastructure pour réduire leurs impacts sur la biodiversité et l’environnement. « Depuis l’an passé, l’évaluation de la biodiversité a été intégrée à notre portefeuille infrastructure grâce à notre méthodologie de mesure de l’impact, déclare Pierre Klemas, Managing Director au sein de l’équipe Sustainability d’Ardian.

Nous avons mis en place des indicateurs pertinents pour quantifier l’identification et la protection d’espèces vulnérables, et de nombreuses entreprises ont adopté des systèmes formels de gestion de la biodiversité et des plans d’actions.

Pierre Klemas, Managing Director au sein de l’équipe Sustainability d’Ardian

Cela étant dit, au-delà de la protection, les efforts doivent également se concentrer sur les gains nets quant au nombre et aux habitats d’espèces menacées, dans les périmètres d’influence directe de nos sociétés en portefeuille. »

Raphaëlle Muhlmann-Eytan ajoute : « Il est de plus en plus reconnu que le déclin de la biodiversité possède un coût financier mesurable alors même que certaines ressources naturelles essentielles disparaissent progressivement des pratiques industrielles et agro-alimentaires. Extrêmement influents, les investisseurs privés ont un rôle crucial à jouer dans la promotion de la sauvegarde, la restauration et l’exploitation durable de la biodiversité et des écosystèmes. »

Au sein des entreprises du portefeuille infrastructure d’Ardian, les équipes dirigeantes s’efforcent de trouver des solutions pour équilibrer le besoin de développer les infrastructures essentielles avec la nécessité de préserver le patrimoine naturel. Miguel Martin, Chief Business Development Officer d'Ascendi, a déclaré : « Nous sommes engagés à promouvoir l’importance d’établir une relation éthique et responsable avec le monde naturel, qui met l’accent sur la valeur et la protection de la biodiversité. Notre culture est fondée sur le respect de la nature et la préservation de l’héritage naturel des régions dans lesquelles nous opérons, et nous menons des actions spécifiques en collaboration avec les ONG locales en faveur de la biodiversité.

Nous sommes conscients des liens étroits existants entre le changement climatique, le recul de la biodiversité et la prospérité économique : si les activités commerciales impactent la biodiversité et le climat, la santé de l’entreprise en elle-même repose quant à elle sur l’état du capital naturel, notamment des écosystèmes qui fournissent des biens et des services essentiels.

Amelia Celia, Chief Sustainability Officer d'ASTM

« Avec une approche éclairée et transformatrice de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre (GES), la nature reste notre meilleure défense face aux dynamiques liées au changement climatique. En tant que gestionnaire mondial d’infrastructures autoroutières, le groupe ASTM s’engage en faveur de la préservation et de la protection de la biodiversité et des services qu’offrent les écosystèmes. Ainsi, il s’efforce de promouvoir la biodiversité des écosystèmes en développant de nouveaux projets de manière durable, et en protégeant et défendant le développement et la croissance de notre héritage naturel. »

Ces étapes sont cruciales pour préserver les entreprises d’infrastructure et leur « droit d’exploitation ». Lors de la réunion du TGW, les directeurs de LISEA et SEA ont partagé le détail de leur programme dont l’objectif est de superviser et protéger la biodiversité lors de leurs grands projets d’expansion.

 

Des projets mobilisant des ressources considérables

La construction, l’opération et la maintenance des actifs de transport reposent sur l’usage d’une quantité importante de matériaux, plus particulièrement de minéraux et de bois, ainsi que d’eau et d’énergie de façon intensive, qui proviennent souvent de régions riches en biodiversité. S’ils ne sont pas gérés de manière adéquate, les projets de développement des transports et des infrastructures peuvent entraîner un déclin de la diversité biologique, causé par différents facteurs, notamment la pollution, la diminution des ressources en eau et la perte d’habitats. Dans le cas de certaines autoroutes, l’absence de contrôle de la présence des hommes et de l’exploitation des ressources naturelles peuvent en être à l’origine.

Nombreux sont ceux qui estiment que le développement de l’agriculture et des infrastructures représente la plus grande cause de déforestation.

John Tobin-de la Puente, professeur de pratique à l'université de Cornell

Les projets de transports et d’infrastructures sont aussi grandement dépendants de la nature et de ses bénéfices, aussi appelées services écosystémiques. Par exemple, ils incluent la protection naturelle des infrastructures offerte par les arbres et les forêts contre les glissements de terrains et les inondations. Les récifs d’huîtres protègent quant à eux les côtes des vagues, réduisent l’érosion côtière et préservent les infrastructures routières des ondes de tempête.

 

Développement des infrastructures vs préservation

Ces entreprises qui construisent et exploitent des infrastructures font face à la difficulté d’être exposées à deux sources de pression contradictoires. D’un côté, le développement économique, la croissance de la population et l’urbanisation annoncent que davantage d’actifs infrastructurels sont requis à court terme. Le professeur Tobin a mentionné des prévisions selon lesquelles les zones urbaines s’étendront de 1,2 millions de km² supplémentaires d’ici 2030, une croissance qui entrainera potentiellement la dégradation de 40 % des espaces existants protégés dans le monde. Vingt-cinq millions de kilomètres de chaussée et 335 000 km de rails seront également nécessaires d’ici 2050. En conséquence, un tiers des espèces en danger pourraient éventuellement être menacées par l’expansion des infrastructures au cours des trente prochaines années.

  • 1,2 M km²

    d'expansion des zones urbaines d'ici 2030

  • 25 M km

    de chaussée nécessaires

  • 335 000 km

    de voie ferrée nécessaires

Parallèlement, ce besoin croissant en infrastructures créé inévitablement l’obligation pour les entreprises concernées d’agir pour protéger l’environnement naturel et préserver la biodiversité. Cette pression émane des gouvernements et des organismes législateurs, mais aussi des investisseurs privés qui s’intéressent de plus en plus au développement durable. Les gouvernements cherchent à accélérer le développement économique tout en mettant l’accent sur la protection de la nature. Ils soutiennent ainsi des initiatives de conservation comme l’accord « 30 x 30 », qui vise à convertir 30 % des milieux terrestres et marins mondiaux en zones protégées à l’horizon 2030.

  • 40 %

    déclin potentiel des zones protégées existantes d'ici 2030

  • 33 %

    pourçentage des espèces en danger potentiellement menacées par les infrastructures au cours des 30 prochaines années

  • 30 %

    des milieux terrestres et marins seront convertis en zones protégées à l'horizon 2030

Comment mesurer et gérer la biodiversité ?

De nombreux gouvernements tentent de trouver un équilibre entre le développement économique et leurs objectifs de préservation en adoptant des politiques qui s’inscrivent dans le cadre du principe de No Net Loss (aucune perte nette). Elles exigent des entreprises de minimiser le déclin de la biodiversité engendré par les projets de développement et de gérer de façon responsable tous les autres impacts négatifs grâce à des mesures de restauration. Cependant, comme l’admet le professeur Tobin, fixer des objectifs de conservation de la biodiversité est un réel défi pour les entreprises, car aucune méthode de mesure n’est reconnue unanimement, contrairement aux indicateurs universels adoptés dans les discussions sur le changement climatique, calculé en millions de tonnes d’équivalent CO2.

Aider à concilier les besoins contradictoires que sont le développement des infrastructures et la conservation de la biodiversité est maintenant une priorité pour tous les membres du TGW d’Ardian.

 

L’approche de LISEA : éviter, réduire, compenser

Comme expliqué par Lise Dauchet, Responsable RSE, LISEA a construit des liaisons ferroviaires à grande vitesse dans le respect du principe de No Net Loss. Lors de l’étape de planification, l’objectif était d’éviter d’infliger des dommages à la biodiversité locale en choisissant des méthodes de réalisation les plus responsables. L’impact de la construction a par exemple été réduit en sécurisant les zones de chantier de manière à empêcher la faune d’y pénétrer et d’y être piégée. Enfin, des efforts sont fournis pour compenser l’impact résiduel des projets durant toute la durée de vie de la concession.

Etant l’un de plus gros projets ferroviaires d’Europe, la ligne passait près de plusieurs zones d’habitats naturels majeures et affectait potentiellement 223 espèces en danger, dont le vison européen, la loutre, le râle des genêts et l’outarde.

L’entreprise a travaillé en étroite collaboration avec la communauté scientifique et les organismes locaux tout le long de la ligne ferroviaire pour mener un programme de supervision écologique sur le long terme. Par exemple, les populations de différentes espèces d’oiseaux et de batraciens comme les sonneurs à ventre jaune ont fait l’objet d’un suivi entre 2014 et 2019 dans différentes zones et le projet a permis de conclure, qu’au bout de trois ans, les mesures adoptées pour limiter l’impact de la ligne ferroviaire sur la biodiversité avaient été couronnées de succès. Cependant, le manque de données disponibles pour certaines espèces avant le début du projet n’a pas toujours permis d’établir des comparaisons précises. Cette problématique souligne encore une fois la difficulté de mesurer précisément l’étendue des impacts de façon permanente.

Les partenariats établis avec les acteurs locaux et la communauté scientifique ont aidé LISEA à créer et mener un programme de supervision de la biodiversité fort et approprié tout au long de la concession.

Hervé Le Caignec, Président de LISEA

Le projet ferroviaire de LISEA met également en lumière l’intérêt croissant pour la biodiversité des gouvernements et des régulateurs des infrastructures. Dans le cadre de son contrat de concession, l’entreprise était tenue de créer la Fondation LISEA Biodiversité. Cette dernière a permis de soutenir 102 projets développés avec des partenaires locaux le long de la ligne ferroviaire pour préserver l’héritage naturel de ces régions. En ce sens, quatre millions d’euros ont été investis entre 2012 et 2020. Une évaluation scientifique de ces 102 actions a été menée en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle français en 2019.

  • 102

    initiatives de la Fondation LISEA pour la biodiversité avec des partenaires locaux pour préserver la biodiversité le long de la route du projet ferroviaire de LISEA

Les aéroports de Milan en quête « d’un droit de développement »

À Milan, SEA, gestionnaire des deux aéroports de la ville, agrandit actuellement son centre de fret à Malpensa dans le canton du Tessin, qui abrite le plus grand parc fluvial européen. En conséquence, la société devra rendre compte « d’engagements significatifs relatifs à la biodiversité » qui s’inscriront dans le cadre de son « droit de développement », a précisé Giorgio Medici, Responsable Environnement et sécurité aéroportuaire chez SEA.

À travers son Malpensa Biodiversity Masterplan 2035, SEA cherche à construire son nouveau centre au sein du parc national, tout près de l’aéroport et de sa première zone de cargaison. Pour satisfaire les demandes, la construction de ce nouveau complexe se déroulera en trois étapes et devrait occuper environ 39 hectares de terrain. En parallèle, SEA devra protéger et enrichir la biodiversité et la qualité des habitats sur environ 120 hectares de terrain au sein et aux abords de l’aéroport, compensant ainsi largement l’impact lié à la construction du projet. La société a mis en place vingt initiatives dans diverses zones du Tessin afin d’expérimenter différentes stratégies de protection des parcs nationaux face aux projets de construction.

  • 20

    initiatives de SEA au Tessin afin d’expérimenter différentes stratégies de protection des parcs nationaux face aux projets de construction

« Nous avons récemment signé un accord avec les autorités du parc du Tessin pour mettre en place un plan de coopération sur le long terme qui outrepasse le Malpensa Masterplan. C’est sur cette base qu’est fondée notre ambition : développer un tout nouveau genre de collaboration entre deux partis qui agissent ensemble pour trouver un équilibre à valeur ajoutée entre chacune de leurs priorités spécifiques », explique Georgio Medicis.

 

La gouvernance de la biodiversité : pourquoi est-elle essentielle ?

La manière dont LISEA et SEA ont pris en compte la préservation de la biodiversité dans leur plan de développement dans le cadre des projets de rail à grande vitesse et de l’aéroport de Milan rappelle les leçons tirées par le professeur Tobin au cours de sa carrière « au croisement de la biodiversité, la conservation et la finance ».

Selon lui, les entreprises d’infrastructure et de transport ont besoin de développer des politiques de gouvernance fortes autour de la préservation de la biodiversité pour protéger leur réputation. Elles doivent soigner leurs relations avec les acteurs de la société civile, et les régulateurs et les autorités publiques doivent se familiariser avec une gestion proactive des risques pour éviter des crises qui les pousseraient à intervenir a posteriori.

Aussi et surtout, il affirme que tout le monde aurait besoin de reconnaître que la biodiversité deviendra une cause aussi importante que le changement climatique dans les prochaines années et qu’il est donc crucial de « parler la même langue et définir des indicateurs-clés de performance universels pour la biodiversité » à l’instar de ce qui est fait pour le climat.


Six étapes pour intégrer la préservation de la biodiversité au développement durable

  • Gouvernance

    S’accorder sur des politiques solides au plus haut niveau

  • Évaluation

    Établir un cadre réglementaire pour mesurer les impacts positifs et négatifs

  • Mise en place d’objectifs

    Définir des objectifs à l’échelle de l’entreprise et fondés sur la science

  • Investissement

    Identifier les besoins de financement locaux et nationaux, et les opportunités d’investissement favorables à la biodiversité

  • Atténuation

    S’engager à répondre au principe de No Net Loss. Intégrer des solutions respectueuses de l’environnement et des infrastructures naturelles

  • Communication

    Assurer une communication transparente et établir des partenariats avec toutes les parties prenantes

Nous vous proposons de lire ou relire nos deux dernières rencontres :

Celle consacrée aux émissions de carbone, ici

Celle consacrée aux défis ESG, ici

ascendi

ASCENDI

Ascendi, le deuxième plus grand réseau autoroutier du Portugal, gère les actifs d'infrastructure et fournit des services de perception de péage et d'exploitation et de maintenance. Elle détient des participations majoritaires dans 6 concessions routières portugaises, couvrant 630 km en exploitation.

 

ASTM

ASTM

ASTM est l'un des plus grands opérateurs mondiaux dans la gestion des concessions d'autoroutes avec environ 4 500 kilomètres de réseau en concession dans des pays tels que l'Italie, le Brésil et le Royaume-Uni.

 

Lisea

LISEA 

Le projet LISEA représente l'un des plus grands contrats de concession en Europe. LISEA a obtenu le contrat de concession de la Ligne à Grande Vitesse Tours-Bordeaux (projet SEA). Dans le cadre de ce contrat établi en juin 2011 par le Réseau SNCF, LISEA est responsable du financement, de la conception, de la construction, de la maintenance et de l'exploitation de la nouvelle LGV jusqu'en 2061 (pour 50 ans).

 

logo SEA 2

SEA

SEA Group gère les aéroports de Milano Linate et Milano Malpensa en fournissant tous les services et activités connexes. Le modèle économique du Groupe SEA est basé sur les caractéristiques des trois domaines d'activité dans lesquels la société opère: l'aviation commerciale, l'aviation générale et l'énergie.

 

Vespucio Norte Express / San Cristóbal à Santiago du Chili

VESPUCIO NORTE 

Le Vespucio Norte Express est une autoroute urbaine express essentielle à Santiago du Chili, avec 29 kilomètres d'extension. Túnel San Cristóbal à Santiago du Chili est un tunnel express à péage de 4 kilomètres à Santiago.