« Le retour de l’Europe »
Vision de marché
« Le retour de l’Europe »
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03 Juin 2026
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Ardian
Temps de lecture : 4 minutes
Mathias Burghardt
Directeur Général
Mathias Burghardt est Vice-Président du Comité Exécutif, Co-Président de l’Operations Committee et Président de l’Infrastructure Management Committee. Il est également CEO d’Ardian France S.A., la principale entité réglementée du groupe, qui agit notamment en tant que société de gestion AIFM pour les fonds d’investissement directs et supervise plusieurs filiales européennes d’Ardian.
Depuis 2019, il pilote la stratégie Technologie et Innovation d’Ardian, avec plusieurs réalisations majeures telles que la afin de créer de la valeur dans les sociétés du portefeuille et accroître l'efficacité des équipes d'Ardian grâce à des solutions basées sur la donnée et l'intelligence artificielle.
Fondateur de l’activité Infrastructure d’Ardian, Mathias Burghardt la dirige depuis 2005 et en a fait un leader mondial dans le domaine des infrastructures essentielles. Engagé dans la transformation et la décarbonation des sociétés en portefeuille, il a également lancé des fonds spécialisés dans l’hydrogène (bas-carbone) et les solutions fondées sur la nature, afin d’accélérer la transition des industries et d’encourager l’innovation dans ces secteurs pour préparer l’économie de demain.
Il dirige la stratégie Technologie et Innovation d'Ardian depuis 2019 et a mené à bien plusieurs projets d'envergure, notamment la création de l'équipe Data Science d'Ardian, chargée de définir et de mettre en œuvre la stratégie de l'entreprise en matière de données et d'intelligence artificielle afin de soutenir la performance d'Ardian et celle des sociétés de son portefeuille. Il supervise également les fonctions Communication et Real Estate au sein de la société.
Il a aujourd’hui développé de fortes relations avec les acteurs industriels et financiers du domaine de l'infrastructure mondiale mais aussi avec les pouvoirs publics et les régulateurs du secteur.
Mathias Burghardt a rejoint Ardian en 2007. Il a débuté sa carrière en 1989 au sein de l’équipe Média Telecom du Crédit Lyonnais, avant de diriger l’activité de Conseil et Financement de Projet de HSBC en France.
Vice-président du conseil d'administration de Nuova Argo Finanziara, la société holding du groupe ASTM (deuxième opérateur mondial de routes à péage), Mathias Burghardt a également siégé au conseil d'administration de grandes entreprises du secteur des infrastructures, telles que l'aéroport de Londres Luton, SANEF et la société de stationnement INDIGO.
En parallèle de ses fonctions chez Ardian, Mathias Burghardt est également Président de la Fondation Ardian et siège au conseil d’administration de l’Alliance pour l’Éducation – United Way, une organisation œuvrant pour l’égalité des chances et la réussite scolaire des jeunes issus de territoires prioritaires et ruraux.
« L’Europe entre dans une nouvelle ère. Désireuse de revenir au premier plan dans l'énergie, le numérique et les transports, elle profite d’un regain d’intérêt des investisseurs à la faveur de l’instabilité géopolitique et des enjeux de souveraineté. Ardian a très tôt misé sur ces secteurs en se positionnant sur l'ensemble de la chaîne de valeur. », explique Mathias Burghardt.
En avril 2025, le « Jour de la Libération » provoquait une rupture avec le revirement de la politique américaine. Un mois plus tard, à la Conférence du Milken Institute, je pressentais le basculement dans une nouvelle ère, qui ne cesse de se confirmer depuis, après une longue période de surpondération aux États-Unis. Les investisseurs internationaux manifestent un regain d’intérêt pour l’Europe, afin de diversifier et de rééquilibrer leurs portefeuilles. Lors de la levée de notre dernier fonds Infrastructure, nous avons constaté pour la première fois, plus de 60 % d’engagements en provenance d’acteurs non-européens. Autre signe : un record des transactions de capital-investissement sur le Continent en 2025, avec près de 650 milliards d’euros en valeur.
Pour les États-Unis, l’Europe reste un partenaire privilégié, avec un PIB de 27 000 milliards d’euros, une population de 500 millions d’habitants et un cadre juridique stable. Sa croissance reste modeste, mais l’inflation et les taux d’intérêt sont revenus à leur niveau cible. Les opportunités de valorisation y sont nombreuses, comme les centres de données qui connaissent des multiples de valorisation de 22 contre 24 aux États-Unis.
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+ de 60%
des engagements de notre dernier fonds Infrastructure proviennent de l’extérieur de l’Europe
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33 000 Mds d'euros
détenus sous forme de liquidités et de dépôts devraient être réorientés pour financer les priorités stratégiques européennes
La souveraineté relance l'investissement
La souveraineté relance l'investissement
La montée de la régionalisation et le regain d’intérêt pour la souveraineté ne sont pas récents, mais ils ont pris un caractère d’urgence et influencent de plus en plus les investissements. L’indépendance énergétique et la décarbonation, la numérisation, la chaîne d’approvisionnement de l’IA (notamment les semi-conducteurs) et la connectivité exigent des investissements soutenus : le rapport Draghi estime ceux-ci à 750-800 milliards d'euros annuels pour rattraper le retard sur les États-Unis.
IA, transition énergétique et réindustrialisation sont intimement liés : plus l'IA se développe, plus la demande en énergie augmente et avec elle, la demande en investissements dans la production d’énergies durables, les réseaux et le stockage. De même, plus l’IA s’étend, plus les besoins en équipements, en infrastructures et en services connexes augmentent. Il en résulte un cycle inédit, à forte intensité capitalistique.
Avec Ardian Semiconductor (une plateforme qui vise un milliard d'euros), nous avons très tôt pris des positions sur l'ensemble de la chaîne de valeur de l'IA, les infrastructures numériques et les centres de données. Nous avons également investi dans des entreprises telles qu'Artefact, leader du conseil en données et en IA, que notre équipe Expansion a cédé l'année dernière pour plus d'un milliard d'euros. Au sein de l’activité Buyout, nous avons investi environ 1,8 milliard d'euros dans les technologies appliquées et créé l’une des principales plateformes européennes. Nous sommes bien placés pour tirer parti d’un marché en consolidation qui privilégie de plus en plus les opérations de grande envergure et l’expertise.
«La montée de la régionalisation et le regain d’intérêt pour la souveraineté ont pris un caractère d’urgence et influencent de plus en plus les investissements. »
Mobiliser l'épargne Européenne
Mobiliser l'épargne Européenne
Pour répondre à ces enjeux, l’Europe a besoin des capitaux privés. Seuls 10 % des européens investissent sur les marchés financiers contre 58 % des ménages américains. Ainsi, quelque 33 000 milliards d’euros dorment sous forme de liquidités et de dépôts. Il faut réorienter ne serait-ce qu’une partie de ce capital vers des investissements productifs pour financer les priorités stratégiques européennes. Les avancées réglementaires, notamment le cadre ELTIF, vont dans ce sens.
Accélération des cessions
Accélération des cessions
Avec la reprise mondiale des fusions-acquisitions, l’année 2025 a marqué la deuxième plus forte croissance annuelle jamais enregistrée dans l’activité d’investissement, après 2021. Les cessions ont repris activement, avec des valeurs en hausse de plus de 50 % par rapport à 2024. Nous avons mené 255 opérations pour un total de plus de 32 milliards de dollars d’investissements, notamment les acquisitions de Diot-Siaci, Energia et Kering 5th Avenue. Grâce à 33 cessions, nous avons reversé plus de 13 milliards de dollars à nos investisseurs. Récemment, Prosol et Hill Top Energy Center, évalués à plus d’un milliard de dollars chacun, témoignent de la dynamique soutenue de ces opérations.