IPEM Global 2026 : la préparation et la méthode comme avantages compétitifs
Vision de marché
IPEM Global 2026 : la préparation et la méthode comme avantages compétitifs
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14 Septembre 2026
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Private Equity
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Buyout, Co-Investissement
Temps de lecture : 5 minutes
Ardian y a porté deux regards complémentaires. Emmanuel Miquel, Head of Buyout France et Managing Director, est intervenu au Private Equity Summit, dans un panel consacré à ce que les grands sponsors observent aujourd'hui dans leurs pipelines. Carole Barnay, Deputy Head of Europe Co-Investment et Senior Managing Director, participait à la session « Co-investments: sophistication over syndication ».
Emmanuel Miquel : la préparation, un facteur différenciant
Emmanuel Miquel : la préparation, un facteur différenciant
Le point de départ d'Emmanuel Miquel est la sélectivité. L'équipe Buyout d'Ardian se concentre sur quatre secteurs de conviction : santé et bien-être, chaîne de valeur alimentaire, services essentiels B2B et technologies appliquées. Cette focalisation permet à l'équipe de s'appuyer sur une connaissance sectorielle approfondie, construite au fil de 30 années d'expérience, de sélectionner les actifs les plus pertinents et les plus attractifs sur ses segments, et de nouer des relations de confiance avec les équipes de direction bien avant le lancement d'un processus. Il en résulte des thèses d'investissement solides, élaborées aux côtés d'experts sectoriels et de senior advisors expérimentés.
Être bien préparé et rester concentré est un aspect essentiel de l'investissement. Il s'agit de comprendre les fondamentaux d'un secteur, la proposition de valeur unique d'un actif et, in fine, sa capacité à s'imposer dans son industrie.
Cette approche façonne également la manière dont l'équipe aborde les cessions et les événements de liquidité. Avec neuf cessions et environ 5 milliards de dollars de process menés sur la période récente, Ardian dispose d’une lecture fine du comportement des acheteurs, et Emmanuel Miquel s'est montré direct sur le fonctionnement actuel de ce marché. Les enchères larges se raréfient en Europe. Les cessions se préparent en amont : les acquéreurs potentiels doivent être informés bien avant le lancement du process et le vendeur doit fournir le travail préparatoire nécessaire pour éclairer l'actif et le marché qui l'entoure. Deux exemples reviennent dans son propos : Prosol, distributeur spécialisé dans les produits frais, et Frulact, plateforme mondiale de solutions d'ingrédients naturels, des entreprises dont les fondamentaux sont suffisamment solides pour résister à un tel examen.
L'intelligence artificielle s'est elle aussi imposée comme un élément permanent de l’analyse d'investissement. Chaque due diligence chez Ardian l'intègre désormais, et un risque avéré de disruption est éliminatoire.
L'IA est désormais une question systématique dans chaque due diligence. Si une entreprise présente un risque avéré de disruption, c'est rédhibitoire pour nous. En matière de suivi de portefeuille et de création de valeur, nous évaluons désormais systématiquement en quoi elle peut constituer une opportunité. Nous avons par exemple une équipe de data scientists qui travaille directement avec nos sociétés en portefeuille pour la saisir.
Robot-Coupe, leader mondial dans les équipements de préparation culinaire destinés aux professionnels, a ainsi déjà bénéficié de ces capacités augmentées. Sur la création de valeur plus largement, Emmanuel Miquel a nuancé l'idée selon laquelle le buy-and-build porterait tout l'effort. Les opérations de M&A peuvent rendre une entreprise plus robuste et plus diversifiée, mais ce sont l'intégration, la gouvernance et les systèmes qui déterminent si une plateforme tient réellement ses promesses.
Le M&A n'est pas le seul moteur de création de valeur. La croissance organique et l'innovation, l'efficacité opérationnelle, la data science et la transformation digitale, la durabilité, la gouvernance et l'ingénierie financière font toutes partie de la boîte à outils.
Carole Barnay dépeint le co-investisseur comme un partenaire stratégique des GPs
Carole Barnay dépeint le co-investisseur comme un partenaire stratégique des GPs
Le panel de Carole Barnay partait d'un constat : la relation entre GPs et co-investisseurs est en train de se réécrire. Les gérants accordent au co-investissement une valeur sans commune mesure avec celle du passé. Non plus une allocation annexe, mais une véritable solution de capital.
Les chiffres accompagnent le mouvement. 2025 a marqué la quatrième année consécutive de repli pour le marché du private equity ; pourtant, les fonds de co-investissement ont levé un montant record de 47,3 milliards de dollars en 2025, selon PitchBook. Le secondaire et le co-investissement ont continué de progresser alors que le marché dans son ensemble se contractait pour la quatrième année consécutive.
Les GPs sont sous pression pour déployer et pour restituer du capital, et ils viennent chercher des solutions auprès de nous. Le co-investissement était autrefois proposé pour répondre aux attentes des LPs. Il est devenu un outil stratégique dont les sponsors ont réellement besoin.
L'équipe Co-Investissement d'Ardian gère ou conseille 9 milliards de dollars, avec un deal flow alimenté par sa plateforme Secondaries & Primaries, l'une des premières au monde, et par une activité d'investissement déployée aux États-Unis comme en Europe.
Aujourd'hui, 70 % de ce deal flow se situe en amont de la signature. Le signal est net : les co-investisseurs ne sont plus conviés à des syndications conclues sans eux, ils sont recherchés comme partenaires de co-underwriting. Les GPs assument par ailleurs des situations plus complexes – carve-outs, public-to-private, acquisitions parallèles destinées à être rapprochées – car c'est là que se logent les leviers opérationnels les plus puissants. Autant d'opérations qui exigent une sophistication où l'expérience et la capacité d'exécution d'Ardian font la différence.
Les fonds de continuation à actif unique relèvent de la même dynamique : un tiers du deal flow de l'équipe en 2025, un couple rendement-risque attractif et une complexité qui conduit Ardian à intervenir régulièrement comme lead ou co-lead.
Le marché a changé, et les méthodes évoluent. La donnée constitue depuis longtemps un avantage compétitif pour l'équipe, adossé à la plateforme d'intelligence propriétaire Secondaries & Primaries et à des data scientists intégrés aux équipes d'investissement. Avec trois à six semaines pour exécuter un co-investissement, l'IA prolonge cet édifice : elle absorbe les tâches à faible valeur ajoutée et libère du temps pour l'analyse, la prise de décisions et la sélectivité.
Nous avons intégré des data scientists au sein de nos équipes d'investissement, et l'IA écarte les tâches à faible valeur ajoutée pour que le temps soit consacré à une analyse plus approfondie. La sélectivité restera fondée sur l'expérience, tout en intégrant progressivement davantage d'éléments quantitatifs – ce qui redonne l'avantage à celui qui détient la donnée.
Deux regards, une même bascule
Deux regards, une même bascule
Ni l'un ni l'autre n'a décrit un marché guettant un retour à son fonctionnement antérieur. Le Buyout cède désormais ses participations au terme de discussions bilatérales engagées plusieurs mois en amont. S’agissant du co-investissement, la relation avec les GPs relève davantage du partenariat : des parties prenantes actives, et une analyse fondée sur la donnée pour ouvrir la voie.