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Ardian Real Estate x Sacha Goldberger : les inspirations du projet Renaissance

  • 01 Juillet 2020

  • Real Estate

  • Paris, France

Temps de lecture : 4 minutes

Le photographe français Sacha Goldberger a réalisé une galerie de portraits pour habiller la façade du chantier immobilier du projet nommé Renaissance, mené par Ardian Real Estate, rue François 1er, dans le 8e arrondissement de Paris. Ancien publicitaire, Sacha Goldberger s’est imposé comme l’une des figures de la scène photographique internationale grâce à Mamika, des séries de photographies décalées qui mettent en scène sa grand-mère, ou encore Super Flemish, des portraits de super-héros représentés en Flamands du XVIIe siècle. Il revient sur les sources d’inspiration à l’origine de cette nouvelle galerie de portraits.

Une rencontre ?

Ces dernières années, j’ai eu l’occasion de travailler à de nombreuses reprises des très grands formats de plusieurs mètres de haut, que cela soit lors de ma rétrospective à la gare d’Austerlitz ou pour la série de portraits Jésuites pour accompagner la rénovation de la chapelle des Jésuites de Saint-Omer. Ces projets m’ont permis de rencontrer Olivier Girardot, le directeur de l’agence Terres Rouges avec lequel j’ai collaboré sur ces expositions. C’est lui qui m’a proposé de réfléchir à ce nouveau projet de scénographie urbaine pour Ardian Real Estate. Avec un tel nom, le projet Renaissance ne pouvait qu’être immédiatement évocateur pour moi qui me suis inspiré de la peinture flamande pour Super Flemish et qui venait de finir la série Louis 114, sur le futur imaginaire de Louis XIV et ses contemporains.
 

Votre idée ?

Dès le départ, j’étais persuadé qu’il ne suffisait pas de proposer une galerie de portraits photographiques inspirés de la Renaissance ou de la peinture flamande. Il fallait utiliser le contexte, celui d’un chantier, pour mettre en avant les ouvriers qui allaient intervenir sur cette rénovation en inventant tout un univers Renaissance. Le projet se situe rue François 1er mais nous avons choisi de nous inspirer de costumes datant non pas du début, mais de la fin de la Renaissance. Leurs grandes collerettes sont aussi visuelles qu’identifiables.
La première phase du chantier expose six portraits d’ouvriers compagnons qui travaillent à la réhabilitation de l’immeuble. La seconde phase qui débutera en milieu d’année mettra en avant les futurs commerces de l’immeuble Renaissance avec trois portraits de « clients », en costume d’époque.
 

Quelle histoire ?

Je voulais apporter de la poésie à ces portraits, en faire une forme de fable. Avec mon équipe, nous avons travaillé autour d’objets et d’outils qui n’existaient pas à l’époque de la Renaissance, comme le marteau-piqueur, la perceuse, la bétonneuse ou encore le smartphone. Ces objets sont d’inspiration Renaissance sans être réalistes ou utilisables. Je souhaitais plutôt qu’ils soient poétiques et qu’ils nous racontent une histoire. Comme le rouleau de peinture à collerette.
 

Une source d’inspiration ?

Rembrandt est le peintre qui me touche le plus. Je pense particulièrement à ses autoportraits. Et bien sûr la peinture flamande, les portraits des primitifs, comme Jan Van Eyck ou Rogier Van der Weyden, jusqu’à ceux de Van Dyck. Mais aussi Velasquez, qui a inspiré les fonds de cette série ou les portraits flamands exposés à la National Gallery.
 

Un détail ?

Outre les costumes, le décor et le maquillage, une grande attention a été donnée à la lumière. Elle a été travaillée en s’inspirant des clairs-obscurs des peintres flamands. Je souhaitais donner une illusion de tableau et créer chez les passants une hésitation : est-ce une peinture ? Une photographie ?
 

Un aperçu des coulisses ?

Ce que je retiens de ce shooting, c’est la rencontre avec les ouvriers compagnons, qui se sont plongés dans un univers, celui de la photographie, qui leur était en grande partie inconnu. Mais, après être passés entre les mains des maquilleurs et des coiffeurs, après avoir endossé ces costumes Renaissance magnifiques mais si lourds, ils se sont pris au jeu pour incarner, avec force, leur personnage. Ils m’ont vraiment bluffé.
 

Quel support ?

Chaque support, chaque format appelle une réflexion différente. Ici, elle a été guidée par les contraintes techniques d’une bâche de chantier, par le très grand format et par le recul permis par la largeur de la rue.
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    Sacha Goldberger, photographe: Le projet Renaissance

Fiche d’identité du projet Renaissance

  • Acheteur : Ardian Real Estate
  • Adresse de l’immeuble : 26-32 rue François-Ier, dans le 8e arrondissement de Paris
  • Durée des travaux : 2019-2021
  • Destination du projet : 6500m² de bureaux neufs et restructurés, 4 boutiques de luxe, 1300m² d’espaces extérieur...